LE RWANDA ET LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
DAVID ET GOLIATH DANS LES GRANDS LACS
Dans Revue internationale et stratégique2014/3 (n° 95), pages 32 à 42
Comme de dire du bien du Rwanda, dire du mal de la République démocratique du Congo (RDC) est un exercice facile tant sont nombreux les rapports alarmistes des Nations unies, les mauvais classements internationaux, les réquisitoires des organisations non gouvernementales et les reportages chocs nourrissant les motifs d’indignation. La critique est vive parmi les Congolais eux-mêmes. Une phrase revient à Kinshasa : « Congo ekobonga te », « Le Congo ne sortira jamais de ce trou dans lequel il se trouve. »
Le Congo est-il l’illustration parfaite d’un « État failli » ? Cinquante-quatre ans après son indépendance, le bilan est assurément dramatique. Pourquoi les pouvoirs successivement en place ne sont-ils pas parvenus à créer des institutions robustes ? Pays trop vaste pour être efficacement gouverné ? Incapacité des élites à gérer l’héritage colonial ? Rôle pervers des grandes puissances, notamment pendant la guerre froide ? Une autre hypothèse est rarement étudiée : la cupidité des voisins. Elle a une certaine pertinence. Dans l’histoire tragique du grand – par la superficie – Congo, le rôle du Rwanda, presque cent fois plus petit, n’a certes probablement pas été le plus décisif, mais il a exercé son influence.
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