Congolaises et Congolais,
Nous vous présentons ci-dessous en grandes lignes la situation que notre Pays a traversé depuis 1908 jusqu’en 2000. Nous avons un Pays qui a tout et dont le Peuple est parmi les plus démunis du globe
Nous devons nous sentir tous interpellés par ce qui se passe actuellement à travers ceux que nous considérons comme leaders. Surtout le comportement de nos pères spirituels, en qui nous réservions notre dernier espoir.
Oh nos pères spirituels! Pourquoi n’avez-vous pas par la prière, imploré le Très Haut Seigneur notre DIEU pour qu’IL vous inspire à travers l’intelligence et la sagesse divines que vous nous enseignez au moins chaque Dimanche? Et l’amour du prochain, où l’avez-vous mis?
Mais ils doivent tous savoir que le Peuple les observe et qu’il y a risque qu’une réaction semblable à celle de cette vache dans la vidéo qui suit, puisse les surprendre.
Pendant qu’ils s’amusent sur des futilités, ceux qui ont des agendas cachés les observent et calculent pour agir au moment opportun.
La chronologie des faits décris dans ce texte «Chronologie pour les Tutsis en République Démocratique du Congo» édité par le Projet Minorités en péril en dit long.
Nous avons mis à notre appréciation certaines vidéos qui nous donnent la réalité de ce qui se passe à l’est de notre Pays.
Un sage a dit: UN HOMME AVERTI, EN VAUT DEUX.

Vos commentaires sont les bienvenus,
La rédaction CCUK.
Chronologie pour les Tutsis en République Démocratique du Congo
Éditeur: Projet Minorités en péril
Date de publication: 2004
Citer comme Chronologie pour les Tutsis en Rép. du Congo, 2004, disponible sur : https://www.refworld.org/docid/469f388115.html [consulté le 29 octobre 2021]
Clause de non-responsabilité: Ceci n’est pas une publication du HCR. Le HCR n’est pas responsable de son contenu et n’approuve pas nécessairement son contenu. Les opinions exprimées sont uniquement celles de l’auteur ou de l’éditeur et ne reflètent pas nécessairement celles du HCR, des Nations Unies ou de ses États membres.
Article
1908: En réponse aux critiques croissantes sur le traitement de la population africaine, le parlement belge annexe le Congo belge.
1941 – 1960: La production de biens et de minéraux est considérablement augmentée pour financer les efforts belges pendant la Seconde Guerre mondiale. Des changements sociaux et économiques à grande échelle se produisent alors que de nombreux Africains des zones rurales s’installent dans les zones urbaines. Les demandes de réformes politiques se multiplient. De nombreux Banyarwanda sont amenés dans la région du Kivu par des Belges pour travailler la terre fertile. D’autres Banyarwanda étaient déjà au Congo puisque le tracé arbitraire des frontières par les puissances coloniales ne tenait pas compte des divisions ethniques traditionnelles.
1951–1960: Les appels à l’indépendance du Katanga se multiplient. Le parti séparatiste Conakat (Confédération des associations katangaises) est créé et dirigé par Moise Tshombe. De plus en plus de Banyarwanda migrent vers la région du Kivu depuis le Rwanda pour échapper aux combats ethniques qui ont commencé en 1959.
1952 – 1958: Des réformes juridiques sont promulguées permettant aux Africains de posséder des terres et leur donnant une certaine participation politique.
1956: L’Alliance du Peuple Kongo (Abako), dirigée par Joseph Kasavubu, publie un manifeste appelant à l’indépendance immédiate.
Janvier 1959: Des Belges dispersent une foule de partisans d’Abako lors d’un meeting politique. Résultats d’émeutes généralisées. La Belgique reconnaît l’indépendance totale du Congo comme son objectif principal.
Juillet 1959: Le MNC (Mouvement National Congolais) qui s’était imposé comme un acteur important du mouvement indépendantiste se scinde en deux camps. Une faction est dirigée par Patrice Lumumba qui est Tetela, une ethnie de la province du Kasaï. Cette faction, connue sous le nom de MNC-Lumumba est largement soutenue par l’ethnie Lulua au Kasaï. L’autre faction était dirigée par Joseph Ileo, Cyrille Adoula et Albert Kalonji, un Luba-Kasaï. Cette aile modérée, connue sous le nom de MNC-Kalonji, s’appuyait sur les Luba-Kasaï.
Mai 1960: Aux élections législatives nationales, le MNC-Lumumba remporte le plus grand nombre de voix. Les autorités belges nomment Lumumba Premier ministre.
Juin 1960: Le leader d’Abako Kasavubu est élu président. Le Congo (alors Congo) devient indépendant de la Belgique.
Juillet 1960: Moise Tshombe déclare la région du Katanga, plus tard Shaba, indépendante. Cette offre d’indépendance a été soutenue par les intérêts belges car la région de Shaba est riche en minerais.
08 Août 1960: Le Sud Kasaï, dirigé par Albert Kalonji, fait sécession. Lumumba a utilisé les forces militaires qui lui étaient fidèles pour lancer une offensive majeure contre les sécessionnistes du Katanga et du Kasaï.
Septembre 1960: Le président et le Premier ministre se brisent et se licencient officiellement de leurs postes. Mobutu Sese Seko, chef d’état-major de l’armée, intervient et prend le pouvoir tout en gardant Kasavubu comme président nominal. Le pays est dirigé par le « Collège des commissaires ». À ce stade, le pays est divisé en quatre sections. Le gouvernement modéré contrôle le tiers occidental et a son siège à Léopoldville. Les régions du Katanga et du Kasaï sont autonomes. La quatrième section, la troisième orientale, a son siège à Stanleyville et est dirigée par Gizenga qui met en place un gouvernement d’opposition radical, et Lumumbu (qui est assassiné avant d’avoir pu atteindre Stanleyville). Ce gouvernement rival, qui comprend le territoire du Kivu, est reconnu par plusieurs gouvernements africains et est-européens, mais l’ONU reconnaît le gouvernement de Mobutu.
17 Janvier 1961: Lumumba est assassiné.
Février 1961: Le collège des commissaires est dissous et un gouvernement provisoire est formé, dirigé par Ileo. Adoula est nommée Premier ministre en août.
Janvier 1963: La région du Katanga (Shaba) est réintégrée au Congo. Tshombe est arrêté et envoyé en exil.
Janvier 1964: La rébellion éclate dans la région du Kwilu autour de Kikwit. Cette rébellion est dirigée par Pierre Mulele. Le contrôle ferme sur l’ensemble du pays par le gouvernement central n’avait pas été accompli depuis l’indépendance.
Mai 1964: Une seconde rébellion menée par Gaston Soumialot débute à l’est et s’étend rapidement. Soumialot a pu recruter des milliers de sympathisants dans l’est du Kivu et il avait le soutien ouvert du gouvernement burundais. Alors que le mouvement rebelle s’étendait, des milliers de Congolais (Congolais) ont été exécutés. À son apogée en septembre, le mouvement rebelle contrôlait près de la moitié du Congo et sept des vingt et une capitales locales étaient aux mains des rebelles.
1er-30 Juillet 1964: Tshombe est rappelé d’exil et remplace Adoula au poste de Premier ministre. Il est en grande partie responsable de la répression de la rébellion orientale.
Décembre 1964: La rébellion orientale est réprimée et Soumialot est envoyé en exil. La corruption, l’inefficacité administrative et le favoritisme ethnique étaient des handicaps majeurs pour les chefs rebelles, et aucun gouvernement rebelle fonctionnel n’a pu être établi.
Novembre 1965: Mobutu Sese Seko prend le pouvoir lors d’un coup d’État militaire après que le gouvernement est paralysé en raison de la rivalité entre Tshombe et Kasavubu. Mobutu se nomme président.
Décembre 1965: La rébellion au Kwilu prend fin. Mulele part en exil. En 1968, il revient sous amnistie générale mais est exécuté.
17 Avril 1967: Mobutu crée le MPR (Parti Populaire Révolutionnaire) qui devient le seul véhicule légitime de participation à la sphère politique.
Octobre 1971: Le nom du pays est changé en Congo. Sous la politique d’« authenticité » de Mobutu, tous les noms coloniaux ou chrétiens, publics et privés, devaient être remplacés par des noms congolais. Mobutu a essayé de créer un nationalisme basé sur la loyauté à l’État plutôt que sur des loyautés envers des régions spécifiques. Il a essayé de minimiser les différences ethniques et les loyautés, mais les rivalités sont restées.
Janvier 1972: Les Banyarwanda ont obtenu la citoyenneté par le gouvernement de Mobutu.
Août 1974: La constitution de 1967 est révisée, faisant du MPR un synonyme d’État.
Janvier 1981: L’Assemblée nationale du MPR a approuvé une loi retirant la citoyenneté aux groupes ethniques immigrés comme les Banyarwanda. La législation ne devient jamais loi, mais c’est la pratique générale. Les Banyarwanda n’ont aucune représentation et aucun droit de vote. Ils sont obligés de payer des impôts supplémentaires aux chefs locaux Hunde.
1981-1982: Etienne Tshisekedi co-fonde le parti d’opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social). C’est une organisation hors-la-loi.
Avril 1990: Mobutu annonce qu’il autorisera des élections multipartites l’année suivante. Trois principaux dirigeants de l’opposition sont Etienne Tshisekedi, Jean Nguz Karl-i-Bond et Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Ces deux derniers se sont regroupés au sein de l’UFERI (Union des Fédéralistes et Républicains Indépendants).
1991: Les autorités ont mis en place une commission d’identification des « non congolais » dans les régions du Nord et Sud Kivu et du Maniema. Des organisations indépendantes de défense des droits humains craignent que la commission ne soit partiale contre les Banyarwanda et que ses actions ne constituent une chasse aux sorcières.
Novembre 1991: Karl-i-Bond et Kyungu ont rompu les rangs avec l’opposition et se sont alliés à Mobutu. Karl-i-Bond est nommé Premier ministre et Kyungu devient gouverneur du Shaba.
15 Août 1992: Etienne Tshisekedi remplace Karl-i-Bond au poste de Premier ministre. Mobutu tente de le licencier une semaine après sa nomination. Des émeutes éclatent à Kinshasa lorsque des soldats manifestent et pillent des magasins à cause d’une augmentation de salaire ratée.
Décembre 1992: La France, la Belgique et les États-Unis publient des déclarations de soutien au gouvernement Tshisekedi.
Mars 1993: Mobutu limoge une deuxième fois Tshisekedi et nomme Faustin Birindwa premier ministre du soi-disant « gouvernement de salut national ». Le Congo a effectivement deux gouvernements rivaux.
20 Mars 1993: Les massacres ethniques commencent dans la province du Kivu. Dans le village de Mtutu, des membres des ethnies Hunde et Nyanga massacrent des Banyarwanda (Hutus ou Tutsis qui sont considérés comme non congolais malgré le fait que beaucoup sont au Congo depuis que ses frontières modernes ont été tracées). Les Banyarwanda avaient récemment fait campagne pour plus de droits (vote et représentation) et avaient refusé de payer des impôts et de faire preuve de loyauté envers les dirigeants locaux de l’ethnie Hunde. Des rapports suggèrent que le gouverneur du Kivu, Jean-Pierre Kalumbo Mbogho, avait prononcé des discours publics quelques jours seulement avant le massacre remettant en cause la nationalité des Banyarwanda. Il aurait promis que les forces de sécurité aideraient les Hunde et les Nyanga à « exterminer » les Banyarwanda. Il aurait également interdit une organisation banyarwanda qui encourageait ses partisans à rejeter l’autorité des chefs hunde. Les Banyarwanda ont répondu aux tueries par une série d’effusions de sang contre les Hunde. Quelque 14 000 personnes ont été tuées entre mars et juillet 1993 dans la région. (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Réseau d’information régional intégré (IRIN), 9/10/97)
23 Avril 1993: Des combats éclatent dans les communautés paysannes de Masis et Walikale dans la région du Nord-Kivu.
Juillet 1993: Mobutu se rend à Goma en promettant la citoyenneté banyarwanda et le droit de vote. Il a également limogé le gouverneur provincial du Kivu. Des sources suggèrent que Mobutu encourage secrètement le conflit ethnique dans le but de saper l’opposition et de renforcer son propre argument selon lequel un gouvernement central fort est nécessaire pour maintenir le pays ensemble. Mobutu pense qu’il est la seule personne capable d’accomplir cela.
Août 1993: Moto Mupenda est nommé gouverneur par intérim du Kivu. Les Banyarwanda sont accusés d’avoir introduit des armes à feu au Rwanda.
Octobre 1993: En cinq mois de combats au Kivu, on estime à 3000 morts et 6000 déplacés. La majorité d’entre eux sont des Banyarwanda. Une tension supplémentaire a été provoquée par l’afflux récent de réfugiés fuyant la guerre civile rwandaise. La plupart de ces réfugiés se trouvent dans des camps près de Goma, mais certains sont allés dans les collines en joignant leurs forces aux Banyarwanda contre les Hunde. Il existe des preuves solides que les forces de sécurité congolaises ont fourni des armes aux deux parties au conflit.
Décembre 1993: Karl-i-Bond et le gouverneur Kyungu déclarent la région du Shaba autonome.
Janvier 1994: Les travailleurs humanitaires affirment maintenant que la guerre tribale entre les Hunde et les Banyarwanda a fait plus de 10 000 morts et plus de 250 000 personnes déplacées.
Avril 1994: L’Union sacrée de l’opposition radicale (coalition de partis d’opposition) annonce avoir fondé une armée. Sa mission est de renverser le régime de Mobutu.
Juin 1994: Kengo Wa Dondo est nommé Premier ministre par Mobutu. Etienne Tshisekedi a affirmé qu’il était le seul véritable Premier ministre depuis sa nomination en 1991 par le conseil national.
Juillet 1994: Deux tentatives d’assassinat sur la vie de Tshisekedi sont commises par la milice privée de Mobutu.
1er Juillet -31 Août 1994: L’Est du Congo a connu un afflux de réfugiés fuyant les conséquences du génocide au Rwanda. La plupart des réfugiés sont des Hutus rwandais et comprennent des membres de la milice Interahamwe qui ont participé au génocide.
Novembre 1994: Depuis fin septembre, des membres de la tribu locale Hunde et des villageois hutus se sont lancés dans des raids, pillant, volant du bétail et incendiant des huttes. Les rapports affirment que 250 villageois sont morts et 32 500 (22 700 Hutus, 9 700 Hunde) ont fui dans la région de Masisi.
Décembre 1994: Avec l’afflux de réfugiés dans la région, les tensions ethniques se sont poursuivies au Kivu. Avant l’afflux de réfugiés, il n’y avait eu aucun rapport de tensions entre les Hutus congolais et les Tutsis, collectivement connus sous le nom de Banyarwanda. Deux groupes non banyarwandais, les Unde et les Nandes, étaient également en conflit. Ils avaient vécu en harmonie jusqu’à l’augmentation de l’insécurité avec l’arrivée des réfugiés rwandais. Les Nandes ont l’habitude d’être maltraités avec la complicité des autorités judiciaires.
Mars 1995: Les Nations Unies condamnent les violations des droits humains au Congo et constatent l’aggravation des affrontements ethniques dans la région du Kivu.
Février 1996: Les Tutsis congolais ont fui vers Nkamira au Rwanda depuis la province du Nord-Kivu, au Congo. Ils ont signalé qu’ils avaient été attaqués par des Interahamwe, des forces armées congolaises et des groupes locaux bahunde. Beaucoup de Tutsis vivaient au Nord-Kivu depuis des générations. Avant l’arrivée des Belges à la fin du XIXe siècle, le Nord-Kivu ainsi que certaines parties de l’Ouganda faisaient partie du royaume rwandais. (Service Inter Presse (IPS), 16/02/1996).
Mars 1996: Selon le HCR, les ministres du gouvernement de la région du Kivu ont commencé à préconiser activement le nettoyage ethnique contre les Tutsis congolais (Banyamulenge) en mars. Les forces gouvernementales congolaises se sont rangées du côté des Interahamwe, des Hutus extrémistes qui ont fui les forces de l’APR (Armée patriotique rwandaise) au Rwanda après que les Hutus ont tué jusqu’à un million de Tutsis en 1994, et auraient même reçu des paiements d’eux pour participer aux attaques contre les Banyamulenge. . Des sources officielles au Rwanda ont indiqué qu’entre la dernière semaine de mars et le 2 avril, plus de 2600 Tutsis congolais ont fui vers la ville frontalière rwandaise de Gisenyi, rejoignant plus d’un millier qui s’étaient déjà enfuis depuis janvier. Les réfugiés venaient du district de Masisi dans l’est du Congo. (IPS, 4/4/1996)
Mai 1996: Jusqu’à 750 personnes auraient été massacrées par des milices hutues dans un monastère de Mikoto, près de Goma. Des Hutus rwandais auraient massacré non seulement des Banyamulenge au Congo, mais aussi des Congolais “indigènes” qui ont formé la milice Bangilima pour combattre les Hutus et les Banyarwanda en général. Des centaines de Tutsis congolais ont fui vers l’Ouganda voisin pour échapper aux attaques des miliciens « bangilima ». Près de 10 000 Tutsis ont fui depuis le début de l’année. Les Bangilima seraient composés des groupes ethniques Bahunde (Hunde), Batembo (Tembo), Banande (Nande), Banyanya (Nyanya) et Bakobo (Kobo). L’organisation de secours Médecins sans frontières a rapporté que 100 Tutsis ont été tués au Nord-Kivu à la mi-mai par des assaillants non identifiés et que deux villages contenant 3000 autres ont été encerclés et susceptibles d’être tués sans intervention internationale. (IPS, 23/05/2096; 29/05/2096)
31 Juillet 1996: Deux groupes de défense des droits humains ont signalé que le gouvernement congolais n’avait pratiquement rien fait pour arrêter les attaques au Nord-Kivu par les milices Hutu et Hunde contre l’ethnie Tutsi (Banyamulenge). Avant le génocide rwandais et l’afflux de réfugiés qui en a résulté au Congo, il n’y avait pas eu de rapports de combats entre Tutsis et Hutus. Avant l’arrivée des extrémistes hutus, les combats ont opposé les groupes ethniques Hunde, Nyanga et Nande à l’ensemble des Banyarwanda. En juillet-août 1994, environ 720 000 réfugiés hutus sont arrivés au Nord-Kivu. Leur arrivée a détruit l’alliance Banyarwanda dans la Province et a provoqué une escalade de la violence. Les Banyamulenge ont été pratiquement éliminés de Masisi et les Hutus ont été expulsés de Walikale, Lubero et Rutshuru.
13-15 Septembre 1996: Les tueries autour de la ville d’Uvira le week-end du 13 septembre ont fait une cinquantaine de morts. Les victimes étaient des Banyamulenge et des troupes congolaises auraient participé aux massacres. Les agences humanitaires n’ont pas été en mesure de confirmer le nombre de tués car les troupes congolaises avaient bouclé la région. (IPS, 16/09/96)
07 Octobre 1996: Le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Lwasi Ngabo Lwabanji, a demandé à l’ethnie Tutsi de quitter le Congo. Depuis des mois, les Banyamulenge et l’armée sont en désaccord. Les Tutsis et les Hutus ethniques du Congo se sont vu refuser les droits de citoyenneté et ont longtemps été ressentis par d’autres Congolais qui se considèrent comme « natifs » du Congo. La tension entre les Banyarwanda et les autres Congolais à l’est a été exacerbée par l’arrivée de réfugiés rwandais et burundais à partir de 1994. L’avertissement de Lwabanji a déclenché une révolte de la communauté, et les Banyarwanda du Nord-Kivu ont également commencé à combattre le gouvernement congolais. La rébellion à l’est a encouragé les groupes d’opposition, les séparatistes et les militants pro-démocratie dans tout le Congo. Laurent Kabila a rejoint les Banyamulenge dans leur combat contre Mobutu, et a finalement repris la rébellion. Leurs forces sont appelées Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Congo. Kabila a eu une longue histoire en tant que rebelle, commençant en tant que leader de la jeunesse dans un parti politique allié à Patrice Lumumba. Il a dirigé une organisation marxiste, le Parti révolutionnaire du peuple, de 1964 au début des années 1980, période au cours de laquelle il a dirigé une enclave parmi le peuple Bembe dans la province orientale du Kivu. Il a ensuite vécu à Dar es Salaam en tant qu’homme d’affaires avant de retourner au Congo en 1996. Le gouvernement congolais a accusé le gouvernement rwandais d’armer l’ethnie tutsi dans l’est du Congo, les Rwandais ont nié l’accusation. Des informations non confirmées suggéraient que des soldats banyamulenge de l’armée de Mobutu désertaient pour rejoindre leurs parents ethniques dans les monts Mitumba, un bastion banyamulenge. (IPS, 16/10/96)
12 Octobre 1996: Au moins 50 villageois ont été tués à Goma et 9 000 ont fui. Un groupe armé de Congolais « indigènes », les Ingilima, serait responsable. La plupart de ceux qui ont fui étaient des agriculteurs hutus de longue date. Les Ingilima s’opposent à tous les Banyarwanda, majoritaires à Goma et dans d’autres régions du Kivu, au Congo. Ils craignent de perdre le pouvoir politique et des terres au profit des Banyarwanda, surtout après l’afflux de réfugiés en 1994.
24 Octobre 1996: L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Congo, forces rebelles dirigées par Laurent Kabila, s’empare d’Uvira sur le lac Tanganyika. Au moins 300 Banyamulenge auraient été assassinés lors d’une série d’incidents ces dernières semaines au Kivu, près d’Uvira.
28 Octobre 1996: Muller Ruhimbika, un chef banyamulenge en exil de l’Alliance démocratique pour le peuple, a déclaré que les groupes d’opposition basés dans les provinces de Shaba et du Kasaï soutenaient les rebelles tutsis et se battaient pour l’éviction de Mobutu. Trois cent mille personnes, pour la plupart des réfugiés hutus, ont été déplacées par la récente offensive rebelle. L’armée congolaise a subi une série de défaites au Sud-Kivu. Alors que la nouvelle du conflit se répandait à Kinshasa, des foules ont pillé les maisons et les commerces des Banyamulenge ainsi que des ressortissants rwandais qui avaient fui au cours des trois dernières décennies.
30 Octobre 1996: Les forces de Kabila s’emparent de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu.
1er Novembre 1996: Les rebelles et les soldats rwandais ont capturé Goma. Environ 500 personnes ont été tuées au combat. La majorité de ceux qui fuient les combats à l’Est se dirigent vers l’intérieur du Congo tandis que d’autres traversent la Tanzanie. La Zambie a signalé l’arrivée de plus d’un millier de réfugiés rwandais tandis que l’Ouganda a signalé l’arrivée de dizaines de milliers. Il y a également environ 145 000 réfugiés soudanais au Congo qui pourraient retourner au Soudan pour échapper aux combats. Kabila a annoncé qu’il pensait que la solution à la crise des réfugiés au Congo était de faire retourner tous les réfugiés dans leur pays d’origine.
14 Novembre 1996: Les forces de Kabila ont bombardé le camp de réfugiés de Mugunga. Les réfugiés hutus de Mugunga et d’autres camps ont fui. Jusqu’à 700 000 personnes sont retournées au Rwanda et d’autres ont fui vers l’ouest vers l’intérieur. Certains des réfugiés au Congo étaient considérés comme des Hutus de la ligne dure qui avaient perpétré le massacre des Tutsis au Rwanda en 1994.
Décembre 1996: L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Congo (AFDL) contrôlait la majeure partie de l’est du Congo. Il est composé de quatre forces politiques ayant une histoire d’opposition au gouvernement de Mobutu ainsi qu’aux Banyamulenge. Il a été rapporté que les Banyamulenge étaient six fois plus nombreux que les autres groupes ethniques congolais dans l’alliance. En plus d’être combattue par les forces gouvernementales congolaises, l’alliance rebelle est également combattue par les milices congolaises, les Bangilima et les Mai-Mai qui se sont longtemps opposées à la présence de tous les Banyarwanda au Congo. L’Armée patriotique rwandaise, qui a pris le contrôle du Rwanda après le génocide de 1994, et l’armée ougandaise auraient soutenu les rebelles. (Reuters, 03/12/96)
17 Décembre 1996: Mobutu est rentré chez lui au Congo après avoir suivi un traitement contre le cancer en France. Il a nommé un nouveau chef des forces armées et remanié son cabinet afin de lancer une contre-offensive contre les rebelles.
20 Janvier 1997: Le gouvernement a lancé une offensive contre les forces de Kabila alors même qu’elles avançaient dans la région riche en minerais de Shaba.
07 Mars 1997: Des centaines de soldats se sont emparés des bastions de l’opposition à Kinshasa après avoir dispersé les milices de l’opposition qui tentaient de se rassembler pour une marche contre Mobutu. Le secrétaire général de l’UDPS, Adrien Phongo, a été battu et arrêté.
15 Mars 1997: Kisangani, la troisième plus grande ville du Congo, tombe aux mains des troupes rebelles.
23 Mars 1997: Des organisations de défense des droits humains rapportent que des réfugiés hutus sont massacrés à l’Est par les forces de Kabila. Les troupes de Kabila sont dominées par les Tutsis du Rwanda et il reçoit un soutien militaire et autre de l’Angola, du Rwanda et de l’Ouganda.
02 Avril 1997: Etienne Tshisekedi est nommé Premier ministre après la démission de Kengo wa Dondo. Tshisekedi nomme son propre gouvernement et propose de négocier avec Kabila. L’offre est refusée et Mobutu licencie Tshisekedi au bout d’une semaine.
05 Avril 1997: La ville de Mbuji-Mayi dans la province du Kasaï tombe aux mains des forces rebelles. C’est le centre d’extraction de diamants du Congo et la maison du chef de l’opposition Etienne Tshisekedi, un Baluba. Laurent Kabila est également un Baluba, mais originaire de la province voisine du Shaba. Le Shaba et le Kasaï fonctionnent tous deux comme des États autonomes de facto ces dernières années.
08 Avril 1997: Mobutu déclare l’état d’urgence sur tout le Congo. Les partisans de Tshisekedi se sont affrontés avec les forces de sécurité pendant deux jours lorsqu’il est devenu évident qu’il serait limogé de son poste de Premier ministre.
09 Avril 1997: Les rebelles s’emparent de Lubumbashi, la capitale de la province de Shaba. C’est la deuxième plus grande ville du Congo dans une région riche en minerais. Le général Likulia Bolong est nommé Premier ministre en remplacement d’Etienne Tshisekedi.
14 Avril 1997: Les partisans de Tshisekedi à Kinshasa ont fermé la capitale pendant deux jours pour protester contre l’éviction de Tshisekedi en tant que Premier ministre.
27 Avril 1997: Kabila donne 60 jours aux Nations Unies pour rapatrier des centaines de milliers de Hutus, dont on ignore le sort, ayant fui vers l’intérieur du Congo avec l’avancée des rebelles de Kabila. Les agences de secours commencent à rapatrier les réfugiés hutus au Rwanda peu de temps après que Kabila a fait son annonce.
Mai 1997: Des soldats ont réprimé une manifestation pacifique à Uvira, à 150 km au sud de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Une vingtaine de manifestants ont été tués.
13 Mai 1997: Un couvre-feu nocturne a été décrété à Kinshasa.
16 Mai 1997: Après qu’il soit devenu évident qu’il n’avait d’autre choix que de renoncer au pouvoir, Mobutu a quitté Kinshasa pour son palais nord de Gbadolite, après quoi il devrait quitter le Congo. L’Afrique du Sud avait tenté une médiation entre Kabila et Mobutu, mais après plusieurs tentatives, il était clair que Kabila avait le dessus et Mobutu n’avait aucun moyen de prendre le contrôle de son pays.
17 Mai 1997: Kabila s’est autoproclamé président et a pris ses fonctions le 29. Il a également changé le nom du Congo en République démocratique du Congo (RDC), également connue sous le nom de Congo-Kinshasa.
23 Mai 1997: Kabila a annoncé quelques membres de son gouvernement de transition. Le poste de Premier ministre, que les dirigeants de l’opposition espéraient revenir à Etienne Tshisekedi, qui bénéficie d’un large soutien populaire à Kinshasa et dans la province du Kasaï, a été supprimé. Tshisekedi a été exclu du gouvernement de Kabila.
08 Juillet 1997: Des rapports ont fait surface selon lesquels au cours des premières semaines de la rébellion commencée en octobre 1996, plus de 9 000 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées. Il y a eu des meurtres systématiques de réfugiés hutus à Mbandaka, Kisingani, Goma et Bukavu. Un haut responsable tutsi du ministère congolais de l’Intérieur a déclaré que les troupes tutsi rwandaises et congolaises avaient carte blanche pour poursuivre les réfugiés hutus tant qu’elles contribuaient également au renversement de Mobutu. Des officiers rebelles qui s’opposaient à cette politique auraient été tués. Des diplomates occidentaux ont déclaré que Kabila n’avait pas participé à une grande partie de la planification ou de l’exécution de la rébellion.
12 Juillet 1997: Un rapport des Nations Unies sur les massacres de réfugiés rwandais au Congo pendant la rébellion a déclaré qu’ils étaient si massifs et systématiques qu’ils peuvent être considérés comme des crimes contre l’humanité et peut-être un génocide. Les enquêteurs, qui ont été entravés dans leurs efforts par le gouvernement de Kabila, ont déclaré avoir reçu des informations sur 134 massacres présumés commis par l’AFDL de Kabila et les milices Banyamulenge.
Août 1997: L’Alliance de la résistance démocratique a été créée dans l’est de la RDC dans le but déclaré de « libérer » la région. Le nouveau mouvement est composé en grande partie de Bembe et est dirigé par Celestin Anzaluni Bemba, un homme politique local connu pour ses sentiments anti-tutsis. Il serait basé en Tanzanie. Les groupes ethniques non banyarwandais de l’est du Congo n’apprécient pas la position privilégiée que les Tutsis congolais ont occupée dans la rébellion qui a chassé Mobutu et veulent que tous les Banyamulenge quittent le pays. (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Réseau d’information régional intégré (IRIN), 9/10/97)
August 1997: Un journaliste de la RDC a déclaré que des troupes, que ce soit des Tutsis de la RDC ou du Rwanda, ont attaqué Masisi et tué jusqu’à 200 personnes en représailles à une attaque contre des soldats tutsis par des guérilleros Maï-Maï. Les autorités de la région ont confirmé que 48 personnes avaient été tuées, mais d’autres sources évaluent le nombre de morts à 200.
13 Août 1997: 35 000 réfugiés du camp tanzanien de Lugufu sont partagés entre partisans et opposants au retour en RDC. Les Babembe sont majoritaires dans le camp qui a été mis en place en février. La plupart refusent de rentrer chez eux parce qu’ils se sont battus contre la rébellion de Kabila. Les tensions ethniques entre les Bembe et les Banyamulenge se poursuivent dans l’est du Congo.
27 Août 1997: Le Programme alimentaire mondial a donné des semences aux agriculteurs des régions du Kivu, déclarant que la situation des approvisionnements alimentaires était toujours critique dans la région. Le PAM a estimé le nombre de réfugiés rwandais restants au Congo à plus de 20 000 et a ajouté que 190 000 Congolais étaient déplacés à l’intérieur du pays. Les Nations Unies ont continué de lister 200 000 réfugiés hutus rwandais portés disparus dans la région orientale du Congo.
05 Septembre 1997: L’Association pour la défense des droits de l’homme en RDC a déclaré qu’environ 2000 civils ont été massacrés en juillet lorsque les forces de Kabila et les troupes rwandaises ont vengé les attaques des guérilleros Maï-Maï. Les Maï-Maï avaient tué 162 soldats dans la région de Masisi. Les Maï-Maï sont issus des ethnies Hunde, Nyanga, Tembo et Kumu et luttent contre la présence des Tutsis tant au Nord qu’au Sud Kivu. Le gouvernement de Kabila a mis en place une commission d’enquête dont l’objectif est de mettre fin aux troubles politiques et ethniques dans la région. La zone de Masisi a longtemps été le théâtre de conflits entre les Banyarwanda et les « autochtones » ou « indigènes » congolais (congolais). En 1993, environ 14 000 Banyarwanda ont été tués dans des violences ethniques, et après l’afflux de réfugiés rwandais dans la région au milieu de 1994, les Tutsis ethniques sont devenus les principales cibles de la violence ethnique à Masisi et dans l’est du Congo en général. (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Réseau d’information régional intégré (IRIN), 9/10/97)
07 Septembre 1997: Mobutu Sese Seko est mort d’un cancer en exil au Maroc.
18 Septembre 1997: Plus de 100 personnes auraient été tuées lors d’un regain de violence dans la région de Masisi. Les Tutsis congolais ont été les principales victimes. Une organisation appelée MAGRIVI, la Mutuelle des Agriculteurs des Virunga, a été blâmée pour les décès. L’alliance, composée d’agriculteurs hutus et de milices maï-maï, visait les résidents tutsis et le personnel militaire. L’organisation de défense des droits humains Azadho a déclaré que depuis juillet, plus de 2000 personnes ont été tuées au Kivu. La semaine dernière, 7 à 8000 civils tutsis ont fui Masisi en disant que les rebelles hutus lançaient des attaques quotidiennes contre eux. Les Interahamwe sont basés à Masisi. Au Sud-Kivu, un mouvement similaire s’est formé au sein de l’ethnie Babende. Il est dirigé par Charles Simba, un ancien allié de Kabila, et a harcelé et pris en embuscade les forces tutsi de Kabila. Le Conseil de la résistance nationale et de la libération a accusé les Tutsis rwandais d’avoir massacré plus de 2000 Congolais, principalement des Bemba, dans la région entre Fizi et Kalemia début septembre. Le porte-parole Henri Njila a également déclaré que de nombreux groupes à l’est, notamment Babembe, Bafulero, Wanynaga, Bahunde, Bashi et Hutu, ont commencé à se rebeller contre Kabila. Des Hutus rwandais et des personnes d’autres groupes ethniques soupçonnés d’être sympathiques aux Hutus ont été tués dans des massacres dans l’est.
22 Septembre 1997: Les autorités du Kivu ont déclaré qu’il était désormais sous le contrôle des forces de sécurité gouvernementales. Des sources de presse ont indiqué qu’une centaine de combattants Maï-Maï ont été exécutés à quelques kilomètres de Goma. Depuis juillet, il y a eu des affrontements dans la zone entre les miliciens Mai-Main et les forces de Kabila. Les routes principales reliant Bukavu au reste du monde ont souvent été prises en embuscade et l’insécurité a régné dans la région ces derniers mois. Les Maï-Maï ont mené une rébellion contre ce qu’ils considèrent comme une domination étrangère par les Tutsis.
23 Septembre 1997: Des rivalités ethniques ont éclaté dans l’est après le rappel des soldats tutsis au Rwanda. Après leur départ, environ 7000 Tutsis ethniques en RDC ont estimé qu’ils avaient perdu leur protection et ont fui vers Goma. Trois mille ont fui vers le camp de réfugiés de Mudende, dans le nord-ouest du Rwanda, rejoignant 7500 Tutsis de Masisi déjà là. Les Congolais non tutsis de l’est sont de plus en plus mécontents de l’amélioration du statut des Tutsis. Les tensions sont si fortes dans la région qu’il y a des rumeurs d’une invasion rwandaise.
26 Septembre 1997: Plus de 800 anciens soldats de l’armée rwandaise et membres des Interahamwe se sont rendus aux autorités militaires de la RDC. Ils avaient combattu aux côtés des troupes gouvernementales pendant la rébellion de l’AFDL. Il n’était pas prévu de les rapatrier au Rwanda.
03 Octobre 1997: Environ 3000 miliciens Mai-Mai se sont rendus aux autorités du Nord-Kivu. Ils seront intégrés aux nouvelles forces armées nationales en cours de reconstruction. La RDC a fermé la frontière avec le Rwanda et a déclaré qu’elle expulsait tous les réfugiés. Le ministre de l’Intérieur Mwenze Kongolo a confirmé que le HCR suspendrait son travail dans l’est suite au rapatriement de tous les réfugiés.
14 Octobre 1997: Les combats se sont poursuivis dans l’est de la RDC et dans les régions voisines du Rwanda et du Burundi entre Tutsis et Hutus. En RDC, il y a aussi des combats entre les groupes Banyamulenge et Bantous. Depuis la victoire de Kabila, les Banyamulenge sont devenus de plus en plus dominants dans les administrations locales et dans l’armée provoquant le ressentiment des autres groupes ethniques. Les combats dans l’ouest du Rwanda, notamment une attaque montée contre la ville frontalière de Gisenyi par 1 000 rebelles basés en RDC, se sont intensifiés. Plus de 4000 personnes, dont beaucoup de civils, ont été tuées au cours des cinq derniers mois. Dans la région de Masis, à l’est du Congo, les milices Maï-Maï continuent de combattre les soldats tutsis de Kabila, et dans la région de Fizi, un groupe rebelle Babende dirigé par Charles Simba, un ancien allié de Kabila, continue de tendre une embuscade aux soldats tutsis.
29 Octobre 1997: L’équipe des Nations Unies qui tentait d’enquêter sur les massacres présumés de réfugiés hutus pendant la guerre civile et le gouvernement de Kabila sont parvenus à un accord sur la manière de procéder aux enquêtes. Les détails de l’accord comprenaient que le gouvernement garantira au mieux de ses capacités la sécurité de l’équipe ; la Mission des Nations Unies couvrirait tous les domaines qu’elle jugerait nécessaires pour l’aider à mener son enquête ; le rapport se limiterait à des « déclarations globales des faits » liées à des allégations de violations des droits de l’homme ; l’équipe s’engage à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la RDC ; et la période du mandat est du 1er mars 1993 au 31 décembre 1997. La mission doit être achevée d’ici le 28 février 1997.
30 Octobre 1997: Le vice-président rwandais et ministre de la Défense Paul Kagame a réfuté les allégations selon lesquelles l’armée rwandaise aurait participé au massacre de réfugiés en RDC. Il a déclaré que toutes les victimes étaient le résultat de la guerre et non de tueries délibérées.
11 Décembre 1997: Cinq cents guérilleros Mai Mai et Hutus rwandais ont attaqué la ville de Bukavu, DCR avant de traverser la frontière vers le Rwanda pour attaquer la ville de Cyangugu. Le sentiment anti-tutsi s’est accru dans l’est de la RDC ces derniers mois. Les Congolais locaux (autochtones) n’apprécient pas la présence des Tutsis dans l’armée de Kabila et l’exercice de certaines fonctions politiques dans l’Est de la RDC, notamment au Nord et au Sud Kivu. Un mouvement d’insurrection anti-Kabila comprend des milliers de guerriers Maï Maï, des Hutus rwandais et d’anciens membres de l’armée sous Mobutu. Les soldats rwandais combattent aux côtés de l’armée de Kabila. Les responsables rwandais disent que leurs soldats sont au Congo pour compenser la présence de milliers d’extrémistes hutus opérant dans le pays.
20 Février 1998: Jean Bosco Muchuma, représentant du groupe de défense des droits humains Heirs of Justice, a déclaré que Laurent Kabila est un dictateur au même titre que son prédécesseur Mobutu. Les deux hommes ont utilisé la répression pour écraser toute opposition à leurs régimes.
10 Mars 1998: La BBC a obtenu une copie d’une émission de radio de l’Est de la RDC, en swahili, qui a été transmise le 11 décembre 1997. La “Voix du Patriote”, radio de l’Union des Forces pour la Libération et la Démocratie, a diffusé pendant plusieurs heures dans la nuit du 11 décembre exhortant les « vrais » Congolais à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour chasser les Tutsis du pays. Voici des extraits de l’émission : • Nous vous disons depuis hier que nous avons un ennemi que vous connaissez très bien. Cependant, nous tenons à vous rappeler que l’ennemi se prépare à vous faire du mal… Ces tueurs tutsis qui ont envahi notre pays continuent de se préparer à planter leurs drapeaux des deux côtés pour que la ville de Bukavu puisse devenir la leur… ; • Vous connaissez la ruse de ces gens, ils prétendent être congolais. Tout d’abord, la tribu Banyamulenge n’existe pas ici. Nous avons une carte des tribus mais il n’y a pas de tribu Banyamulenge sur cette carte. Ils viennent avec des fusils, ils nous tuent, et après nous avoir tués, ils nous appellent, nous les survivants, à les accepter comme Congolais. Qui sont-ils pour que nous les acceptions ?… ; • Nous vous exhortons citoyens, si vous voyez nos soldats, donnez-leur de la nourriture. Si vous voyez un soldat hutu, donnez-lui à manger. Ces Hutus ont beaucoup souffert. Et ces Hutus sont nos frères. Que personne ne vous trompe qu’un Hutu est un Tutsi… Mais ces gens stupides [Tutsis], ces gens paresseux, nous les avons hébergés depuis 1958 quand ils sont arrivés ici. Ils étaient nos serviteurs. Aujourd’hui, ils se sont retournés contre nous en disant que le pays est devenu le leur… ; • Ne savez-vous pas que l’AFDL [l’armée de Kabila] a mis en place une armée d’occupation… Nous vivons sous occupation étrangère… Mais le peuple congolais ne doit pas s’inquiéter puisque nous, l’UFLD, sommes déjà bien organisés. Nous nous libérerons totalement de l’occupation… ; • L’UFLD a également affirmé que des mercenaires blancs avaient rejoint l’armée nationale et combattaient les Hutus, et que les Tutsis sont originaires d’Éthiopie, d’Érythrée et de Somalie et devraient y être renvoyés. Il a affirmé qu’il représentait le peuple bantou, notamment les Bashi, Balega, Tembo, BaHutu, Banande, Bafulero et Babembe.
11 Mars 1998: La plupart des 40 000 Bembe qui ont fui Fizi sur la rive ouest du lac Tanganika restent dans des camps de réfugiés à Tanzaniza. Ils ont peur de rentrer chez eux en raison de la poursuite des combats ethniques dans la région. Six groupes rebelles différents, dont les Interahamwe, établiraient leurs bases dans l’est de la RDC.
13 Mai 1998: Kabila, dans une interview à la BBC, a déclaré que « en ce qui nous concerne, les Banyamulenges que nous connaissons, et qui ont toujours vécu avec nous, sont des Congolais à part entière, sinon on ne peut pas expliquer leur présence dans l’armée de Mobutu depuis des années. et des années, pourquoi ont-ils voté pendant toutes ces années s’ils n’étaient pas congolais. Aucune mention n’a été faite des Hutus congolais.
15 Mai 1998: L’Association Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme au Congo-Kinshasa a publié une déclaration sur la première année du gouvernement de Kabila. Entre autres critiques du régime, l’ASADHO a signalé que les tensions ethniques sont exacerbées, en particulier au Nord et au Sud Kivu où le sentiment anti-tutsi est très élevé. Il a également signalé que les arrestations arbitraires sont nombreuses, que la police et l’armée nationales n’ont pratiquement aucune limite dans leur autorité, que plus de journalistes et de militants des droits de l’homme ont été emprisonnés qu’en sept ans sous Mobutu, et qu’il y a peu de procédures légales. (Centre d’information sur les politiques africaines (APIC), 15/5/1998)
Août 1998: Le Mouvement congolais pour la démocratie (CDM) (également connu sous le nom de Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)) s’est séparé de l’AFDL au pouvoir et menace la capitale Kinshasa. La force rebelle se compose principalement de Banyamulenge de l’est du Congo et de troupes des armées rwandaise et ougandaise. Les forces de Kabila se composent désormais d’anciennes troupes congolaises de sa région d’origine, le Katanga et le Sud-Kasaï, ainsi que d’une poignée de rebelles de l’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) d’Angola. (Deutsche Presse-Agentur (DPA), 16/08/98)
05 Septembre 1998: L’agence de presse catholique a rapporté qu’au moins 600 ethnies Hutus avaient été massacrées depuis le 24 août autour de Kasika. Les restes des réfugiés rwandais auraient été tués par les rebelles tutsis (DPA). Le rapport de l’ONU sur les décès de réfugiés au Congo, publié en juillet, ne donne aucun chiffre sur les réfugiés tués entre 1996 et 1997, mais le rapport de l’ONU Roberto Garreton en avril a déclaré que quelque 150 à 180 000 réfugiés hutus non armés avaient été massacrés. (BBC, 7/2/98).
27 Septembre 1998: Le Réseau européen pour le Congo (REC), basé à Bruxelles, a signalé que des civils dans l’est de la RDC, en particulier au Sud-Kivu, étaient maltraités par des membres du Mouvement démocratique congolais, des miliciens Maï-Maï et des forces Interahamwe. La nourriture et les médicaments dans les régions orientales ont été pillés par les rebelles et les milices, tandis que des civils ont été tués ou enlevés. Le CDM et l’armée congolaise auraient commis des massacres. (IPS)
29 Septembre 1998: Des centaines de rebelles hutus du Rwanda vivant en République du Congo (Brazzaville), principalement des Interahamwe et des ex-FAR, ont été recrutés par le gouvernement de la RDC pour combattre les rebelles dans l’est. Le représentant de la République du Congo, Jean Claude Gakosso, a déclaré que son gouvernement n’était pas impliqué et qu’il s’opposait à cette pratique. D’autres réfugiés au Congo-Brazzaville ont déclaré que les réfugiés n’avaient pas été recrutés par le gouvernement de la RDC. (IPS)
Novembre 1998: Un nouveau groupe rebelle, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) a été signalé dans la province de l’Équateur. Son chef est l’ancien homme d’affaires allié de Mobutu, Jean-Pierre Bemba. Le vice-président rwandais Paul Kagame a admis que les troupes rwandaises étaient au Congo pour aider les rebelles. Il a déclaré que les problèmes de sécurité ont conduit à une intervention rwandaise dans le conflit. (IRIN, 6/9/99) Kabila a protesté contre un rapport de l’ONU qui accusait son gouvernement de violations massives des droits humains. Le rapport accuse le gouvernement d’inciter à la haine ethnique contre les Tutsis. (IPS, 04/11/98)
Décembre 1998: Le président ougandais Museveni et le président de la RDC Kabila ont rencontré séparément le dirigeant libyen Kadhafi. Ils ont signé un accord de paix en avril à Syrte sous les auspices de Kadhafi, mais les rebelles de la RDC et le gouvernement rwandais ont refusé d’être liés par l’accord. (IRIN, 09/06/99)
Janvier 1999: Le Rwanda, l’Ouganda, la Namibie et le Zimbabwe ont convenu d’un cessez-le-feu à Windhoek, en Namibie. Le RDC n’a pas été invité à la réunion, mais a promis de revoir l’accord. La faction de Wamba dia Wamba de la RDC s’est restructurée fin janvier et des membres non-tutsis ont commencé à remettre en question la domination du mouvement par les Tutsis. Arthur Z’Ahidi Ngoma a ensuite démissionné de son poste de vice-président. (IRIN, 09/06/99)
22 Mars 1999: La SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) a réaffirmé son soutien au président congolais Kabila, mais a également exprimé sa préoccupation face à la déstabilisation continue de la région. (IRIN, 09/06/99)
20 Avril 19999: Kabila a annoncé la dissolution de l’AFDL accusant certains membres d’opportunisme” et d’enrichissement personnel” (IRIN, 09/06/99)
04 Mai 1999: Les présidents de l’Ouganda, du Rwanda et de la Tanzanie se sont rencontrés pour discuter du fossé croissant entre les campagnes militaires soutenues par l’Ouganda et le Rwanda en RDC. (IRIN, 09/06/99)
16 Mai 1999: Les divisions au sein du RCD se sont intensifiées avec l’éviction de Wamba dia Wamba et l’annonce d’Emile Ilungu comme son remplaçant. L’Ouganda soutient le leadership de dia Wamba tandis que le Rwanda soutient le leadership d’Ilungu. (IRIN, 09/06/99)
28 Mai 1999: Les troupes tchadiennes qui soutenaient le gouvernement de Kabila contre les rebelles dans l’est de la RDC ont commencé à se retirer. Quelque 2000 Tchadiens se sont retirés du pays vers la République centrafricaine sur le chemin du retour au Tchad. Ils avaient été employés principalement dans la région d’origine de l’ancien dirigeant Mobutu, Gbadolite. Pendant ce temps, le gouvernement de la RDC a invité les dirigeants du mouvement rebelle, y compris le dirigeant déchu Ernest Wamba dia Wamba et le nouveau dirigeant Emile Ilunga à participer au dialogue national sur le conflit. (IRIN) La Banque centrale a annoncé que les monnaies de la RDC, le Congo et le nouveau Congo, ne seraient plus acceptées comme monnaie légale à partir du 30 juin. Seul le franc congolais serait accepté par la suite. (IRIN)
02 Juin 1999: Le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie se sont rencontrés à Dar es Salaam pour discuter du conflit en RDC. Pendant ce temps, des membres de la SADC se sont réunis à Lusaka pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu multilatéral au conflit. Les combats entre les Maï-Maï et les rebelles au Sud-Kivu ont entraîné un afflux de plus de 4 800 réfugiés en Tanzanie depuis le 25 mai. (IRIN)
03 Juin 1999: Le RCD a publié une déclaration clarifiant les récents changements dans le mouvement. Il a déclaré qu’Ernest Wamba dia Wamba avait été destitué par une convocation de 66 membres des fondateurs du mouvement en raison d’une “série de crises” provoquée par son style de leadership. Le communiqué indique que le mouvement s’est réorganisé afin que les structures soient plus efficaces, adaptables et moins personnalisées. Il existe désormais un Congrès, un Conseil et un Exécutif, ces deux derniers étant dirigés par Emile Ilunga, le nouveau chef du RCD. Pendant ce temps, l'”Assemblée” du RCD basée à Kisangani a publié une déclaration reconnaissant dia Wamba comme son chef. (IRIN) Un camp de réfugiés en Tanzanie abritant actuellement 50 000 réfugiés congolais a atteint sa capacité maximale et les travailleurs de la Croix-Rouge ont exprimé leur inquiétude quant à l’arrivée de nouveaux réfugiés. (IRIN)
15 Juin 1999: Le RCD a affirmé avoir capturé la ville portuaire stratégique de Lusambo lors de son avance sur Mbuji-Mayi. (IRIN)
17 Juin 1999: Dans son rapport annuel, Amnesty International a déclaré que des tjpisamds pf [ep[;e jad neem ont été exécutés de manière extrajudiciaire en RDC, en particulier dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, de nombreuses personnes ont été condamnées à mort à l’issue de procès inéquitables et des militants des droits humains ont été torturés. (IRIN)
22 Juin 1999: Des pourparlers sur la médiation du conflit congolais devaient avoir lieu à Lusaka, en Zambie. Les pourparlers de paix de Lusaka ont été initiés par le sommet de la SADC en septembre 1998 à Maurice, cependant le sommet des chefs d’Etat initialement prévu pour décembre 1998 a été reporté à plusieurs reprises. Les comités du processus de Lusaka ont élaboré des « modalités » pour la mise en œuvre d’un éventuel accord de cessez-le-feu et la réunion des chefs d’État doit avoir lieu ce mois-ci. Cependant, le désaccord persiste sur la participation des rebelles aux négociations. (IRIN) Le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) en RDC est estimé à 660 000, selon le Bureau du Coordonnateur humanitaire des Nations Unies. Les provinces qui comptent le plus grand nombre de déplacés internes sont le Sud-Kivu et le Katanga. (IRIN)
30 Juin 1999: Des ONG et d’autres ont signalé que les conflits interethniques dans les zones tenues par les rebelles de la RDC sont une préoccupation croissante. Theo Mpabuka, chef du département de résolution des conflits du RCD, a déclaré que les conflits locaux étaient un facteur permanent et déstabilisant dans la région. Il a déclaré que le plus gros problème était celui posé par les guerriers Mai-Mai “qui n’ont pas d’objectif clair” mais qui recrutent des jeunes sous couvert de solidarité ethnique. Les Mai-Mai sont actuellement concentrés dans le sud autour de Fizi et Baraka. Après avoir perdu une partie de leur base de soutien au Nord-Kivu, les Maï-Maï, qui ciblent les Tutsis, l’armée rwandaise et, lorsqu’ils ont besoin de ravitaillement, des civils au hasard, se sont déplacés plus au sud. (IRIN) Le gouvernement rwandais aurait fait des progrès pour convaincre les Interahamwe combattant en RDC de rendre leurs armes, de retourner au Rwanda et de suivre une rééducation. (IRIN) Les rebelles burundais de la Force pour la défense de la démocratie (FDD) combattent également aux côtés des troupes de Kabila dans certaines parties du Sud-Kivu et du Katanga. Malgré les démentis de Bujumbura, le gouvernement burundais aurait envoyé ses troupes en RDC pour combattre les forces des FDD. (IRIN) Des affrontements ethniques entre les membres des tribus Lendu et Hema auraient eu lieu début juin dans le district de l’Ituri, dans la Province Orientale. Des sources ont indiqué que le RCD et des soldats congolais étaient également impliqués dans les violences. Les deux groupes se sont battus à plusieurs reprises depuis les années 1960 sur l’utilisation des terres (IRIN, 1/7/99)
01er Juillet 1999: La faction Goma du RCD (dirigée par Ilungu) a boycotté les pourparlers de paix de Lusaka pendant deux jours, insistant pour que la faction du RCD basée à Kisangani (dirigée par dia Wamba) ne soit pas autorisée à participer aux négociations. Les ministres de la RDC, de la Namibie, de l’Angola, du Zimbabwe, de l’Ouganda et du Rwanda se sont réunis pour discuter d’un projet d’accord de cessez-le-feu sous les auspices de la SADC. Jean-Pierre Bemba du MLC était également présent à Lusaka.
21 Juillet 1999: Les accords de paix de Lusaka ont abouti à la signature d’un accord de cessez-le-feu. Dans les 24 heures, toutes les attaques des rebelles et du gouvernement doivent cesser et les forces militaires doivent se désengager. La violence contre les civils doit également cesser tandis que les parties doivent faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire en ouvrant des couloirs d’aide. Une commission militaire mixte doit enquêter sur les violations signalées du cessez-le-feu, élaborer des mécanismes pour désarmer les milices, vérifier le désarmement des civils et surveiller le retrait des forces étrangères. Une force de maintien de la paix de l’ONU doit être déployée à l’avenir. Les groupes armés identifiés comme ayant besoin d’être désarmés à un moment donné comprennent : les Forces démocratiques alliées de l’Ouganda ; Armée de résistance du Seigneur (basée en Ouganda); Front de la Cisjordanie du Nil (basé en Ouganda) ; Front national de sauvetage de l’Ouganda II ; Ancienne armée nationale ougandaise ; ex-FAR (ancienne armée rwandaise) ; Interahamwe (originaires du Rwanda) ; La Force burundaise pour la défense de la démocratie et l’UNITA (basée en Angola). Quarante-cinq jours après la signature de l’accord de Lusaka, le gouvernement de la RDC, le RCD, le MLC, les groupes d’opposition non armés et les membres de la société civile doivent entamer des négociations politiques ouvertes pour aboutir à la mise en place d’un nouveau régime politique dans le pays. (IRIN, 22/07/99)
Août 1999: Les estimations du nombre d’Interahamwe et d’ex-FAR en RDC varient largement de 5 000 à 25 000. Il a été rapporté que des Hutus étaient entraînés au Zimbabwe. Le général de division Augustin Bizimungu, chef de la défense rwandaise pendant le génocide, serait le commandant des troupes hutu à Mbuji-Mayi. Il a également été rapporté que les Maï-Maï se distanciaient des rebelles hutus en raison de leurs tactiques brutales. Les rebelles hutus dépendent des Maï-Maï pour leur argent et leur nourriture. (New York Times, 8/4/1999) Il y avait des rapports d’un nouveau mouvement rebelle dans l’est du Congo, le Mouvement pour la Sécurité, la Paix et le Développement. Il aurait été dirigé par l’assistant de Wamba dia Wamba, Willy Mishiki. Le rapport indiquait également que Wamba était en train de gagner la réputation d’être anti-tutsi. Les rebelles de Goma l’ont accusé de recruter des milices hutu pour sa faction RCD. Ils ont également accusé l’Ouganda d’entraîner les Hutus. Wamba a nié les allégations qui n’ont pas pu être confirmées. (IRIN, 04/08/99 ; BBC, 06/08/99) De nombreux membres de haut rang de la faction RCD dirigée par Ilungu sont des Banyamulenge (The Guardian, 05/08/1999) Les Congolais de l’est du pays auraient été de plus en plus en colère contre les factions du RCD. Ils n’aiment pas les Rwandais, surtout les Tutsis. Ils soupçonnent également que le véritable objectif du Rwanda est d’annexer l’est de la RDC (The New York Times, 13/08/1999)
23 Août 1999: Le RCD aurait été prêt à signer l’accord de cessez-le-feu de Lusaka après que le problème de savoir qui représente les mouvements ait été résolu dans un arrangement compliqué. Les observateurs étaient sceptiques quant à l’arrangement car il soulevait de nombreuses questions en termes de gestion des aspects militaires de la mise en œuvre, de la représentation aux négociations et de la composition du commandement militaire conjoint. Wamba dia Wamba a déclaré qu’il se rendrait à Lusaka pour signer l’accord tandis que le porte-parole de la faction de Goma a déclaré que le groupe signerait l’accord d’ici la fin du mois. (IRIN)
30 Août 1999: Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, la situation humanitaire s’est détériorée dans la région des Grands Lacs au cours des trois derniers mois. La population touchée est passée de 3,3 millions à 3,9 millions de mai à août. Un schéma complexe de “confrontations militaires en forme de toile a conduit à un mouvement incessant de va-et-vient de populations fuyant les zones de combat, cherchant refuge ou tentant de retourner dans leurs régions/pays d’origine”, a rapporté l’ONU. (IRIN)
31 Août 1999: Les cinquante membres fondateurs du RCD ont signé l’accord de cessez-le-feu de Lusaka. Les rebelles ont toutefois réaffirmé qu’ils se méfiaient de Kabila et souhaitaient des réformes politiques majeures dans le pays, y compris sa destitution. Le Rwanda insiste également sur une opération globale de maintien de la paix de l’ONU pour garantir que les extrémistes hutus au Congo soient empêchés de lancer des attaques depuis l’est de la RDC et soient désarmés. (The guardian)
1er Septembre 1999: Suite aux affrontements du mois dernier entre les troupes ougandaises et rwandaises, un groupe de législateurs ougandais a appelé le gouvernement de Museveni à retirer toutes les forces ougandaises de la RDC. Museveni a insisté sur le fait que l’Ouganda doit rester dans le conflit pour protéger ses intérêts. Le gouvernement congolais soutient les Forces démocratiques alliées, un groupe de coordination rebelle dans l’ouest de l’Ouganda. (IPS)
08 Septembre 1999: Les rebelles du RCD tentaient d’encourager les guerriers Maï Maï à quitter la brousse et à suivre une formation politique et militaire par l’Armée nationale congolaise (une branche armée du RCD). Le RCD a déclaré qu’il serait prêt à travailler avec les Maï Maï une fois qu’ils auraient été recyclés. (ANS)
14 Septembre 1999: Les 10 premiers officiers de liaison militaires des Nations Unies ont été déployés dans les capitales régionales après avoir suivi une formation de trois jours à Nairobi, au Kenya. Dix autres devaient être déployés d’ici une semaine. Quelque 90 au total devraient être envoyés pour soutenir l’accord de cessez-le-feu de Lusaka (ANS)
16 Septembre 1999: Les accords de Lusaka n’ont pas reconnu l’existence des Maï Maï, bien qu’ils soient vraisemblablement l’un des groupes de milices qui doivent être désarmés à la fin de la guerre. Les Maï Maï n’ont pas de structure de commandement centrale et ne sont soutenus d’aucune manière substantielle par Kabila. Certains Maï Maï se sont associés à des groupes rebelles burundais tandis que d’autres refusent de coopérer avec toutes les milices hutu. La plupart des Maï Maï restent réticents à se ranger du côté des rebelles parce qu’ils n’ont nommé de dirigeants locaux à aucun poste sur le territoire qu’ils contrôlent. Des sources du renseignement américain ont rapporté que les forces Interahamwe et ex-FAR au Congo sont fortes de 50 000, mais pas sous une structure de commandement unifiée. (Jour ouvrable)
27 Septembre 1999: Les tensions étaient élevées autour de Rutshuru et Lubero au Nord-Kivu alors que les factions rivales du RCD se disputaient le pouvoir. Les troubles entre les deux factions ont été exacerbés par l’élection par le groupe Kisangani d’un nouveau gouverneur du Nord-Kivu. La faction de Goma a soutenu le gouverneur provincial en place. (IRIN)
03 Octobre 1999: Les rebelles ont affirmé qu’ils seraient contraints de reprendre la guerre si les attaques des forces du président Kabila n’étaient pas stoppées. De violents combats ont été signalés à Kabinda, dans le sud de la RDC, le 02/10. (BBC)
07 Octobre 1999: Plus de 200 rebelles hutus auraient été tués lors d’une offensive conjointe du RCD et des forces armées rwandaises. 100 Hutus supplémentaires auraient été capturés. L’armée rwandaise a déclaré qu’elle disposait de preuves que le gouvernement congolais avait acheminé par avion des fournitures aux rebelles (Agence de presse Xinhua)
11Octobre 1999: Une mission dirigée par l’ONU en RDC près de la ligne de cessez-le-feu a signalé qu’il y avait une grave dépression économique, une malnutrition aiguë et des villes désertes dans la région. La guerre a poussé 1,1 million de personnes à fuir leurs maisons, certaines en RDC, d’autres vers les pays voisins. Le gouvernement et le RCD se sont mutuellement accusés de violer le cessez-le-feu dans la région du Katanga. (IRIN)
29 Octobre 1999: De nombreux Congolais arrivent quotidiennement au ministère des Droits de l’Homme à Kinshasa pour être envisagés pour une évacuation. Les Tutsis qui souhaitent fuir le pays ont eu la possibilité d’enregistrer leur statut ethnique afin d’être pris en considération pour l’évacuation. L’organisation de défense des droits humains Voice of the Voiceless a appelé les autorités à accélérer le processus d’évacuation pour éviter une situation humanitaire dans les centres qui débordent de personnes souhaitant quitter le pays. (BBC)
06 Novembre 1999: Les Nations Unies devaient reprendre leur enquête sur les massacres présumés dans l’est de la RDC contre les réfugiés rwandais au cours de la récente guerre civile (1996-97). La Commission des droits de l’homme des Nations Unies a renouvelé le mandat de Roberto Garreton pour enquêter sur les massacres, bien que les efforts d’enquête précédents aient été entravés par le gouvernement de Kabila. (IPS)
12 Novembre 1999: Des combats dans la province de l’Équateur ont été signalés. Le vice-président du RCD, Moise Nyarugabo, a déclaré que les troupes gouvernementales ont lancé une attaque qui a tué 100 civils. Le gouvernement a déclaré que les rebelles avaient lancé l’attaque. (IRIN)
22 Novembre 1999: Le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba, a déclaré que 33 soldats du gouvernement et 1 rebelle ont été tués sur le front nord-ouest près de Dongo lorsque le gouvernement a tenté de s’emparer de la ville. Un nouveau groupe rebelle, le Conseil national de résistance pour la démocratie, dirigé par Gaston Kangele Mubawa, aurait été créé. Il appelait au dialogue avec les dirigeants Maï Maï des provinces du Kivu. Le responsable du RCD-ML, Mbusa Nyamwisi, a déclaré que le nouveau groupe n’existe que de nom. (IRIN)
23 Novembre 1999: Les rebelles Maï Maï et FDD burundais ont intensifié leurs attaques près d’Uvira. Sept femmes et enfants banyamulenge enlevés par les Maï Maï en mars auraient été libérés contre rançon. (IRIN)
30 Novembre 1999: Une rencontre a eu lieu entre les chefs traditionnels d’Uvira et le vice-président du RCD-Goma, Moise Nyarugabo. Moise a appelé à l’unité tandis que les chefs traditionnels se disaient préoccupés par les gangs armés, au sein des milices Interahamwe, Mai-Mai, FDD et Banyamulenge, provoquant l’insécurité dans la région. (BBC)
02 Décembre 1999: Les rebelles ont encerclé 700 soldats zimbabwéens à l’aéroport d’Ikela. Les rebelles ont déclaré qu’ils attaqueraient les Zimbabwéens si Kabila tentait de les secourir. Il y a eu des rapports de batailles majeures entre les rebelles rwandais et tutsis et les troupes zimbabwéennes et namibiennes dans le nord-est. Une commission militaire conjointe établie par l’ONU en juillet a commencé à se réunir à Harare cette semaine. (Le gardien 02/12/99; DPA, 03/12/99)
09 Décembre 1999: Des experts régionaux sur l’Afrique centrale ont déclaré que la situation en RDC s’était aggravée depuis septembre. Le gouvernement a lancé une offensive sur deux fronts, l’un en Equateur où les Zimbabwéens combattent le MLC soutenu par l’Ouganda, et l’autre au Sud-Kivu où le gouvernement renforce les Interahamwe, les ex-FAR et les Mai Mai qui se renforcent. Les Banyamulenge du Sud-Kivu se seraient retirés dans les collines. (IRIN)
21 Décembre 1999: Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait sur la détérioration de la situation en RDC. Le porte-parole de l’ONU, Fred Eckhard, a souligné le niveau de menace pour la communauté tutsie congolaise. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hedi Annabi, est d’accord avec l’évaluation d’Eckhard et a déclaré que le moindre incident au Sud-Kivu pourrait déclencher des attaques à grande échelle contre les civils, en particulier les Tutsis. Un groupe connu sous le nom de Force négative, comprenant des ex-FAR, des Interahamwe et des milices Maï Maï, organiserait une attaque contre la communauté tutsie congolaise. Kabila est soupçonné de fournir des armes au groupe. (ANS)
04 Janvier 2000: Un rapport confidentiel de l’ONU a accusé le gouvernement de Kabila d’avoir déclenché des violations de l’accord de cessez-le-feu de Lusaka. Le rapport a été envoyé au Conseil de sécurité le 21/12/99 et a signalé que les forces de Kabila lançaient des attaques contre le MLC en Equateur et envoyaient des armes dans la région. (ANS)
06 Janvier 2000: L’armée rwandaise a signalé que les FDD, les ex-FAR et les Interahamwe se regroupaient avant de lancer des invasions au Rwanda et au Burundi. (BBC)
14 Janvier 2000: D’ici avril, le gouvernement zimbabwéen prévoit de réduire de moitié ses 11 000 soldats au Congo. Les coûts de sa participation à la guerre ont conduit l’économie du Zimbabwe au bord de l’effondrement. (ANS)
18 Janvier 2000: Des soldats de la RDC auraient traversé le Congo-Brazzaville pour tenter d’éviter de prendre part à la guerre. (IRIN)
24 Janvier 2000: Les dirigeants des pays impliqués dans le conflit en RDC se réunissaient à New York pour assister à une session spéciale du Conseil de sécurité des Nations Unies visant à trouver une solution au conflit. Les deux parties ont manifesté de la rancœur lors des réunions présidées par Madelaine Albright. Les membres du Conseil de sécurité ont commencé à travailler sur une résolution créant une force de maintien de la paix pour le Congo. (The Independent, 24/01/00; New York Times, 25/01/00)